Notre newsletter Kosmosis vise à explorer l'économie, le management, le monde de l'entreprise et sa relation avec la société et la nature sous le prisme de l'écoféminisme. La première saison s’empare du thème télétravail, nature et société. Recevez chaque mois un épisode exclusif par e-mail, abonnez-vous, c’est par ici!

“À ce qu’assurent les doctes pythagoriciens, Calliclès, le ciel et la terre, les Dieux et les hommes sont liés entre eux par une communauté, faite d’amitié et de bon arrangement, de sagesse et d’esprit de justice, et c’est la raison pour laquelle, à cet univers, ils donnent, mon camarade, le nom de cosmos, d’arrangement, et non celui de dérangement non plus que de dérèglement.“
— Platon, Gorgias, 507 e - 508 a.
“Il se fait comme ça, entre les rêves et la conscience éveillée, des échanges mal définis: une sorte d'osmose, peut-être, on ne reconnaît pas que cette pensée vient encore du sommeil... elle a traversé la membrane…”
— Louis Aragon, Les Beaux Quartiers (1936).

L’année 2020 nous a fait basculer, femmes et hommes, dans un monde nouveau, un monde dans lequel des directions préexistantes - mais parfois souterraines, se sont accentuées. On nous prédisait un choc principalement climatique, il est aussi et surtout sanitaire, économique, social et politique. Peu importe sa nature, il précipite les tendances, parfois dans des tournures très différentes. Nous vivons un moment de rupture économique et sociale forte. Certaines entreprises effectuent un retour en arrière, ce qui est sécurisant à très court terme - on adopte des stratégies et un style de management qui ont bien fonctionné dans le passé, mais sont voués à l’échec à moyen et long terme - on ne s’adapte pas à la nouvelle situation. D’autres industries opèrent une pseudo-acclimatation de l'organisation du travail, déployant les grands moyens pour sauvegarder à tout prix le système de gestion en place. Enfin, une minorité grandissante de firmes et d'entrepreneurs embrasse l’incertitude et ose gérer dans le chaos et la complexité en développant - individuellement ou au sein de plus larges organisations, ouverture, agilité, flexibilité, confiance, autonomie, responsabilisation, co-construction et innovation. De plus en plus de dirigeants et dirigeantes prennent des engagements écoféministes.

Le monde social, économique et environnemental de demain ne sera pas le monde d’avant débarrassé du covid-19, le “quoiqu’il en coûte” n’effacera pas les dommages humains et sociétaux engendrés par la crise. Le monde d’après sera-t-il écoféministe? La réflexion en termes d’avant et d’après est assez symptomatique de nos modes de pensée que ce soit dans la sphère privée ou la sphère professionnelle - jamais dans l’instant présent, le maintenant. Pourtant c’est bien maintenant que se joue l’après. Pour un homme, une femme, ou une organisation, être dans le présent, c’est s’ancrer dans la réalité, et agir de manière constructive, en s’appropriant les nouvelles conditions extérieures. C’est éviter l’épuisement dans la lutte contre un changement qui est inéluctable - il nous est extérieur et supérieur. C’est ne pas succomber à l’illusion selon laquelle on peut prédire toutes les combinaisons des évolutions futures de notre monde. L'approche écoféministe nous montre que la seule prise que nous avons est ici et maintenant, dans les conditions extérieures fortes qui nous sont données, et avec pour marge de manœuvre notre humanité et notre créativité.

Pour notre survie et notre prospérité, il s’agit d’abandonner toutes les formes de pouvoir-sur - c’est-à-dire le contrôle sur les éléments qui nous sont extérieurs, pour embrasser notre pouvoir intérieur - notre capacité d’harmonisation et d’adaptation en puisant dans nos ressources profondes.

S’adapter ce n’est pas renoncer, c’est innover et créer. Se reconnecter à son humanité, ce n’est pas s’avilir, c’est grandir et s’épanouir. Faire société ce n’est pas être en constante compétition les un.es avec les autres dans tous les domaines de la vie, c’est coopérer et se soutenir pour faire face. Faire prospérer son entreprise en temps de rupture profonde est également possible en adoptant une posture définitivement écoféministe, en harmonie avec le vivant, à l'écoute, et dans la joie.

Envisager sa vie personnelle, professionnelle et sociale sous un autre angle, capter les tendances, rassembler les indices, canaliser une convergence des tendances pour les transformer en force créatrice. C’est ce que nous vous proposons de faire dans une série d’analyses, enquêtes et prospectives écoféministes sur le thème des transformations personnelles, économiques et sociales.

La première saison en onze épisodes de notre newsletter Kosmosis s’empare du thème télétravail, nature et société. Pratique confidentielle jusqu’ici, obligatoire pour tous les emplois informatisés ou informatisables depuis le Grand Confinement. Le télétravail fait couler beaucoup d’encre, et ce que l’on découvre, à en juger par les nombreuses enquêtes contradictoires qui ont été menées, c’est qu’on en sait finalement assez peu. Alors on essaie de retracer l’historique, de cartographier les pratiques, de sonder les humains, et d’en esquisser les horizons, écoféministes biensûr.

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